Chapitre 4
Causes régionales

L’isolement géographique du Pays Basque, du Béarn et de la Bigorre a longtemps contribué au maintien d’un fond socio-culturel commun à toutes les Pyrénées . En effet, jusque vers 1850, et l’apparition des premières lignes ferroviaires, les BP et HP se trouvaient beaucoup plus isolées du reste de la France par le désert landais, au Nord, qu’elles ne l’étaient, au sud, par la montagne et la frontière avec l’Espagne.

Ce particularisme culturel régional apparaît dans une enquête réalisée en 1860 par la préfecture des Basses Pyrénées qui indiquait les trois principales causes de l'émigration constatées dans le département :

Refus de la conscription.
Droit d'aînesse et l'émigration des cadets.
Agences d'émigration.- MODIF en COURS
Autres causes régionales

Ces trois origines principales ont été, souvent débattues par les Conseils Généraux des département pyrénéens et largement commentées par la presse locale de l’époque.
Une autre série de causes: ethniques, géographiques et confessionnelles, vient compléter les trois précédentes.

41) Refus de la Conscription

Fier et indépendant, ne parlant souvent que le basque, quelquefois lent d'esprit et susceptible, le Basque du 19éme siècle, malgré son courage et ses qualités guerrières, n'était pas fait pour une existence de caserne. Habitué à vivre en famille et attaché à ses moeurs et coutumes, il ne pouvait accepter l'a perspective d'avoir à perdre sept années de son existence pour aller vivre au milieu d'étrangers dont il ne comprenait ni la langue, ni le caractère, ni les traditions. Aussi dés que l'âge de la conscription approchait, son instinct atavique le poussait à émigrer. Avec une meilleure connaissance du français et généralement un caractère plus souple et vif, le Béarnais et le Bigourdan, étaient également entraînés à l’imiter le voisin. Il leur était en effet facile de passer en Espagne, comme leurs ancêtres l’avaient fait, au cours des siècles précédents, pour commercer en Navarre ou y trouver refuge..

Au 19éme siècle, et dans toutes les pyrénnées, le refus de la conscription était donc très fréquent. Ce n'est pas tout à fait un hasard, si les statistiques françaises de l'époque, montrent que les départements des Hautes et Basses Pyrénées comptaient plus de la moitié du total des insoumis de France. Beaucoup de jeunes pyrénéens avaient en effet l’habitude d’utiliser différents moyens, légaux ou illégaux, pour échapper au service militaire.

Les moyens d’échapper au service militaire étaient au nombre de trois :

1) Le passage légal à l'étranger : Dans ce cas les jeunes pyrénéens partaient avant la date d'appel de leur classe et étaient déclarés «absents» si un parent ou un ami pouvait les représenter en fournissant une preuve de leur présence à l'étranger. Ce fut ainsi le cas pour mon grand-père maternel, Jean SENTUBERY.

2) Le passage illégal : Dans ce cas l'appelé était déclaré «insoumis» si personne ne se présentait pour le représenter, ou «déserteurs» si, s'étant présenté et déclaré «bons pour le service», le conscrit avait eu la malchance de tirer le «mauvais numéro» sans que la famille ne puisse disposer de ressources financières qui auraient pu permettre le paiement d'un remplaçant.

3) Les mutilations volontaires : Dans l'espoir de se faire exempter, un certain nombre de futurs appelés, n'hésitaient pas à s'infliger ou à se faire infliger par des compagnons ou des rebouteux locaux, des mutilations volontaires plus ou moins bénignes. Solutions à la limite de la légalité, mes radicales et héritées de l’Empire, les opérations les plus fréquentes pouvaient consister en l'amputation d'un orteil pour être rendu inapte aux longues marches ou en la mutilation d'un doigt, en général l'auriculaire, empêchant d'appuyer sur la gâchette du fusil. Une autre fraude consistait à se faire arracher les dents de la mâchoire supérieure. Les cartouches de fusil encore employées à cette époque comprenaient en effet un tube de carton qu'il fallait pouvoir déchirer avec les dents au moment de leur utilisation. Dans des cas extrêmes certains allaient même jusqu'à l'énucléation de l'œil droit qui les mettait dans l'incapacité de tirer ! (Cas de Jean-Marie SENTUBERY ?

Jusqu’aux environs de 1860, environ 60% des insoumis vont partir pour le Rio de la Plata. De 1830 à 1850 ils vont privilégier la destination de Montevideo pour les raisons historiques que nous avons exposées dans notre premier chapitre. A partir de 1850, avec la fin de la politique xénophobe de Rosas, beaucoup plus d’émigrants légaux ou illégaux vont se diriger à nouveau sur Buenos Aires.

ANNEEAbsentsàdont
184222259%Montevideo12%Espagne ou Portugal
184319451%Montevideo11%Espagne ou Portugal
184410062%Montevideo11%Espagne ou Portugal
1854
(Guerre de Crimée)
55945%Montevideo
ou Buenos Aires
14%Espagne
186029659%Montevideo
ou B.Aires

En 1866, le Préfet signale au ministre n'avoir trouve que 3 hommes présents à l'appel dans le canton de Saint- Jean- Pied -de- Port, tous les autres conscrits étant en Amérique. Selon lui, l'annonce de la modification de la loi Militaire de 1830 avait eu pour effet d'augmenter l'émigration de plus du tiers..

Les statistiques des départs de la classe 1878 (1050 absents) sont particulièrement éloquentes. Classées par arrondissements ( Mauléon: 366 - Bayonne: 254 - Oloron: 208 - Pau: 123 - Orthez: 99 ), elles permettent de se rendre compte de la densité des départs pour certaines communes ( Mauléon, Oloron et Orthez ) et de l’impact qu’ils avaient par rapport à la population totale.

Interventions pour empêcher les départs :

L'administration et la presse régionale se plaignaient chaque année du nombre élevé de jeunes gens qui ne se présentaient pas à l'appel de leur classe. En dénonçant la pénurie de conscrits, ils recherchaient les moyens de remédier à ce mal.
Plusieurs interventions furent tentées auprès du gouvernement afin de donner aux préfets le pouvoir refuser un passeport aux individus qui n'auraient pas encore atteint leur majorité. Aucune n'aboutit vraiment, sauf au moment de la guerre Crimée (1854-1856 ) où les jeunes gens de 18 à 20 ans ne pouvaient plus obtenir de passeports. Cependant, n'étant pas complétées par une entente avec le gouvernement espagnol, cette disposition concernant le pouvoir des préfets en matière de passeports se révéla très peu efficace. En effet, le voisinage de la frontière et des ports de la côte espagnole ( Pasajes et San Sébastien pour ne citer que les plus gros) offrait toutes les facilités de passage et d'embarquements aux jeunes pyrénéens qui voulait éluder la prohibition française.

A plusieurs reprises, tantôt le Préfet, tantôt le Conseil Général ont effectué d'autres interventions pour tenter de faire modifier la loi. Aucune n'a jamais abouti. Ainsi en 1862, le conseil général signalait de nombreux départs sans passeports. Les uns après un passage de la frontière espagnole en fraude; les autres en s'embarquant tout simplement à Bordeaux, moyennant une augmentation de 50 F dans le prix du passage. En 1873 le Conseil Général aurait souhaité que tout émigrant soit obligé de produire, au port d'embarquement, un certificat comme quoi il avait satisfait à la loi de recrutement et que l'administration ait la possibilité de refuser un passeport aux citoyens de moins de 20 ans ne voyageant pas avec des personnes sous l'autorité desquelles ils étaient placés. Cette même année, le conseil d'arrondissement de Mauléon, ému de la dérive des mœurs locales suggérait la responsabilité pécuniaire des pères d'insoumis.

Le Mémorial des Pyrénées, du 17 Octobre 1842, défendait que «l'administration avait le droit, et même le devoir de refuser des passeports pour Montevideo, si elle était convaincue des graves inconvénients de cette émigration».

Cette situation durera jusqu'en 1879, où une circulaire du Ministre de l'intérieur supprimant l'obligation du passeport, mettra finalement un terme à ce sujet de discussion.

Mesures pour favoriser les retours

. N'ayant pu obtenir de résultats appréciables pour colmater l'hémorragie des départs, les autorités départementale vont s'attacher à récupérer les insoumis au yeux de la loi militaire et qui, passibles du conseil de guerre, ne pouvaient revenir au pays s'ils en avaient le désir. Le conseil général y voyait un double avantage "ceux qui se sont procuré une bonne position, en transférant leur fortune viendraient contribuer à l'accroissement de l'aisance générale et ceux qui ne nous rapporteraient que le souvenir de leurs souffrances, seraient pour nos populations un témoignage vivant des hasards auxquels l'émigration les expose.
Une première amnistie avait été accordée en 1860, mais les bénéficiaires n'ayant disposé que d'un délai de six mois pour se présenter, les insoumis établis en Amérique n'avaient pu en profiter. En 1864, le Conseil Général formule une nouvelle demande, mais cette fois pour une amnistie sans condition de délai pour tous les insoumis âgés de plus de 40 ans. En 1867, cette même assemblée s'étonnait que l'insoumission ne se prescrive pas, comme les autres délits. En 1874, le conseil général suggérait de profiter de la guerre civile qui déchirait alors le Rio de la Plata pour demander d'amnistier les insoumis de plus de 29 ans: à l'exception de ceux de la guerre de1870, dont le délit, contracté alors que la France se battait était trop grave pour être absous.

Les partisans du de l'amnistie avaient souligné un certain nombre de points importants dont la loi Militaire du 15 juillet 1889 tiendra finalement compte :

* En 1870, de nombreux réfractaires auraient désiré rejoindre la France pour se battre, mais leur situation irrégulière ne leur avait pas permis de le faire. La loi ne faisait pas de distinguo entre les insoumis qui avaient quitté la France pour éviter le tirage au sort et ceux qui partis jeunes avec leurs parents, ou nés là-bas de parents français, n'étaient pas revenu en France, à leur majorité, pour satisfaire aux exigences du recrutement. ( La régularisation de cette question produisit les effets escomptés en 1914 )

* En Argentine et en Uruguay, les Anglais étaient dispensés de toute obligation militaire et les Allemands y jouissaient d'un permis d'émigration pour une durée déterminée. Quant aux Suisses et Italiens ils obtenaient un droit de résider à l'étranger moyennant une taxe militaire et une dispense spéciale s'ils étaient officiers.

* Les rigueurs de la loi militaire française n'empêchaient nullement les départs des émigrants français. Par contre elle contribuait à rompre définitivement les liens que les insoumis et leurs descendants pouvaient conserver avec la France, les poussant de ce fait à devenir Argentins ou Uruguayens.

En 1887 le nombre des Français réfractaires de 20 à 50 ans, s'élevait à 37212... La loi militaire du 15 juillet 1889 énonçait que les jeunes gens de 19 ans et plus, qui avaient une résidence hors de l'Europe et une situation régulière, pouvaient, sur avis du Consul, être dispensés du service militaire pendant la durée de leur séjour à l'étranger. Ils étaient seulement astreints à faire, chaque année, une déclaration au Consulat de France et n'étaient soumis, tant qu'ils résidaient à l'étranger à aucune obligation militaire, sauf en cas de guerre.

Cette mesure permit de mettre fin à un certain nombre de fausses situations. et produisit ses pleins effet en Septembre 1914 où beaucoup d’anciens émigrés, ou descendants, se sont engagé comme volontaires pour la durée de la guerre.

42) Droit d'aînesse et départ des cadets

Il existe un fond socio-culturel pyrénéen, issu de l’ancien droit Cantabrique, en vigueur depuis l'ère chrétienne dans toutes les pyrénées.
Ce droit pyrénéen, tout à fait spécifique, se fondait sur trois principes, vitaux dans une économie agro-pastorale :
- Importance de la notion de maison
- Reconnaissance des droits de femme "aînée", sans distinction de sexe
- Conservation du bien familial sans division

Ces fondements ont été appliqués par la coutume montagnarde, avec constance et rigueur jusqu’à la naissance du code civil en 1804 et ensuite avec une fréquence très élevée jusqu’à 1914.
Ils ont trouvé leur application dans de nombreux domaines (constitution de la famille, droit d'aînesse, règles du mariage, statut de la femme, statut des cadets, héritage, etc...) et vont favoriser, pendant la majeure partie du 19éme siècle, le développement d’un mouvement migratoire particulièrement important.

Concept de maison :

Dans toute la chaîne des Pyrénées, le concept de maison est longtemps resté polyvalent.
Ce concept servait à désigner les murs et le patrimoine, mais également à identifier les individus et les familles ( Etche basque ou Cheou bigourdan ) , ainsi que leur rôle social. Dans la tradition des vallées, le nom transmis n’était pas forcément le patronyme d’un individu mâle, mais celui de la maison et par conséquent du groupe familial. Les personnes âgées demandaient aux enfants qu’elles ne connaissaient pas: « De chez qui êtes vous» et non «Comment vous appelez- vous ». Au plan économique, seuls les propriétaires d'une maison participaient aux assemblées où se débattaient et se décidaient les affaires et décisions du village ( accès aux terres communales, pacages, forêts, jurats, etc... Enfin , sur le plan linguistique, Il semble intéressant de souligner ici, les similitudes phonétiques entre :"etche", "chez" ou "cheou". En pays basque on était de telle ou telle "etche" ou de telle "maison". En Bigorre on retrouve, encore de nos jours, cette même notion dans le "cheou untel " ou "chez untel" utilisé pour désigner la maison fondatrice de la famille...

On a parfois rattaché la maison pyrénéenne au système de la famille souche. Il est exact qu’au premier abord, sa composition en présente tous les caractères: un seul couple jeune - outre celui des parents - et des enfants cadets qui restent célibataires dans la maison d’origine ou qui essaiment par mariage avec une autre maison ou qui plus tard émigreront pour l’étranger ou les capitales régionales. Cependant, nous sommes ici en présence d’un système « unisexiste », où le droit de primogéniture peut être indifféremment masculin ou féminin. L’important ici est le maintien de la maison ( nom et patrimoine ) et non celui d’un individu.

Droit d’aînesse absolu :

La nécessité de conserver l’intégrité du bien familial et la reconnaissance des droits de la femme, sans distinction de sexe, sont prises en compte dans les règles coutumières de succession. Dans toutes les Pyrénées en effet, l’héritage préciputaire bloque touts les biens - et toutes les fonctions sociales - sur la seule personne de l’aîné. Celui-ci, homme ou femme, a exactement les mêmes aptitudes à hériter, diriger, représenter et perperpètuer la famille . Les filles aînées qui héritaient de leurs parents devenaient chef de maison ( « cap d’os tau » ou « maîtresses » en pays basque ) avec les mêmes droits et devoirs que si elles avaient été un garçon. Le chef de famille, l'héritier mâle ou femelle, en compensation des avantages liés à son droit d'aînesse et à la conservation de la propriété familiale, avait la charge d'élever, de nourrir et de subvenir aux besoins des cadets. Leur condition ne dépendait que du caractère de l’aîné et des possibilités économiques de la famille. Quelquefois dédommagé sur la "légitime" prise sur la dot du conjoint, homme ou femme; ou sur les acquêts afin de ne pas entamer la propriété foncière, le cadet avait la possibilité de constituer un pécule lui permettant d'épouser un héritier ou une héritière, de rentrer dans les ordres ou de s'expatrier dans de bonnes conditions. Cependant dans la plus part des cas, le cadet resté sur la propriété et condamné au célibat, ne touchait jamais sa part de légitime.

Il fournissait une main d’œuvre à bon compte et contribuant par son travail à assurer la pérennité de l’a propriété familiale. Comme on le disait encore au début du siècle dernier, ils devenaient « les domestiques de leurs aîné(e)s ».

Règles du mariage :

Les notions de «héritier ou héritière» et «cadets ou cadettes» ont longtemps conservé, une grande importance sociale et économique. Pour éviter la fusion des « maisons » et par conséquent la disparition, du nom et du patrimoine de l’une d’entre elles, l’organisation sociale ne permettait pas le mariage de deux ainés. La règle était en effet celle du mariage entre un héritier et une cadette ou entre une héritière et un cadet (Domenge SENTUBERY x François DUPONT). Généralement, l’on ne pratiquait donc pas plus de deux mariages par famille, même s’il y avait trois ou quatre enfants.

Ces unions étaient minutieusement préparées des l’enfance des intéressés (Domenge et François). On étudiait longuement les possibilités d’association entre telle ou telle maison en fonction: de leur importance, de leurs relations amicales, du sexe des aînés ou cadets. Dans ces conditions les mariages étaient souvent délicats à élaborer. Une solution, particulièrement recherchée était celle du « mariage croisé »: L’aîné de la maison A épousant la première cadette de la maison B, et l’aînée de la maison B épousait le premier cadet de la maison A. On peut aisément imaginer que souvent, les avis des principaux intéressés importaient peu: ils étaient mariés depuis leur plus tendre enfance (Domenge SENTUBERY x François DUPONT ! ).

Parallèlement les mariages entre «cadets» sont longtemps restés très rares, voire même interdits dans les communes les plus pauvres. Il fallait en effet y maintenir un même nombre de famille et éviter la multiplication de bouches inutiles.

Le mariage d'une héritière avec un cadet présentait un caractère très particulier. L'héritière était considérée comme dépositaire et mandataire des biens qu'elle apportait, et non pas propriétaire. Ses biens n'étaient pas remis en dot au mari et elle en conservait l'administration et la jouissance. C'était elle, le véritable chef de famille. Elle en exerçait toutes les prérogatives, tenant le rang hiérarchique de la maison aux cérémonies, commandant les cadets, et allant même jusqu'à transmettre son nom aux enfants issus du mariage en vertu du principe «le seuil ne change jamais le nom».....

Les lois révolutionnaires abolissant le droit d'aînesse et les libertés testamentaires vinrent brusquement jeter le bouleversement dans l'économie pyrénéenne. L'aîné, afin de payer leur dû aux cadets, fut obligé d'emprunter ou de vendre; la maison fut hypothéquée. Les cadets partis, le bras manquèrent... Les traditions reprirent très vite le dessus, et se maintinrent pendant la majeure partie du 19éme siècle, grâce aux subterfuges des notaires visant à adoucir les exigences de la loi. Le partage anticipé d'ascendant fut l'un des principaux moyens avec l'utilisation de la dot de la femme pour payer la soulte des frères et soeurs. Dans beaucoup de cas, les cadets renonçaient d'ailleurs à leur droits afin d'éviter le morcellement du domaine familial et sa disparition à terme.

Emigration des "Cadets"

Par certains côtés, la coutume pyrénéenne de dévolution successorale, a joué un rôle positif en évitant le morcellement des propriétés et leur disparition. Cependant en obligeant les cadets ou les cadettes à s'expatrier pour permettre à « l'héritier » ou à « l’héritiére » de conserver le domaine ce dernier avait tendance à verser dans la routine. Il conservait en effet, non seulement l'héritage et les principes d'éducation et de morale qui lui avaient été transmis par ses parents, mais également les méthodes et procédés de culture qui, de génération en génération étaient devenus de plus en plus archaïques. Les héritages, ainsi laissés dans un état statique, ont contribué à susciter une économie éteinte et à créer des familles nombreuses donnant une nouvelle obligation d'émigrer ..

43)Agences d'émigration et Colonies de Peuplement

Du côté des pays demandeurs de main d'oeuvre, les premières agences d'émigration etles colonies de peuplement ont été suscitées par différents gouvernants des pays du Rio de la Plata (notamment RIVERA en Uruguay, URQUIZA en Argentine, et Solano LOPEZ au Paraguay).
Elles ont considérablement contribué au développement de l’émigration pyrénéenne. Tout d’abord, par les facilités apportées aux émigrants les plus modeste lors du financement du voyage et la recherche d’un premier emploi, mais également et surtout, par la propagande développée pour susciter les départs pour Montevideo et Buenos Aires.

Aux lendemains de leur Indépendance (1810 Argentine 1827 Uruguay), et aprés 1852 (fin de la "Guerra Grande") les jeunes Républiques du Rio de Plata sont confrontées à d’énormes besoins de peuplement et de mise en valeur des territoires des anciennes colonies Espagnole et Portugaise. Pour répondre à ces immenses besoins de main d’oeuvre de qualité, il est devenu vital pour ces nouveaux états de susciter un important mouvement d’ émigration européenne.

Avec la disparition du monopole colonial Espagnol, de nouvelles relations commerciales et maritimes s’étaient nouées à travers l’Atlantique entre les nouveaux états Indépendants et plusieurs ports du continent européen. A l’époque (1820-1840), beaucoup de navires partaient depuis Bordeaux ou de Bayonne pour la Plata afin d’y chercher des matières premières ( Importations de peaux brutes séchées, de cuirs salés, bois de fer "Quebracho" et de cornes de vaches "Guampas" ) .

Du côté des pays fournisseurs de main d'ouvre, manquant de fret pour le voyage d’aller (Exportations de Vins et spiritueux, de produits de Quincaillerie ou "Articles de Paris": vêtements ou meubles ) , les capitaines de navires furent les premiers à charger des émigrants qu’ils recrutaient souvent pour leur propre compte, ou celui de leur compagnies.
Jouant sur la forte demande de main d'oeuvre et le niveau élevé des salaires offerts certains capitaines, moyennant commission, accordaient un passage à crédit à ceux d'entre eux qu'ils jugeaient digne de confiance. Ce crédit pouvait représenter environ 300 francs payables sur 3 ans, avec versement à chaque voyage.

Certains négociants bordelais et Bayonnais qui voyageaient dans la Plata se mirent à faire de même. Agents d'émigration avant la lettre, opérant pour leur propre compte ou celui de particuliers, ils étaient chargés, moyennant une commission forfaitaire de recruter à leur retour en France des artisans divers dont l'Argentine et l'Uruguay avaient un grand besoin : Menuisiers, charpentiers, cordonniers, tonneliers ou tout simplement agriculteurs et éleveurs expérimentés. Compte tenu de la forte demande de main d'oeuvre et du niveau élevé des salaires offerts aux émigrants compétents et travailleurs, ils n’avaient aucune difficultés pour se livrer à cette activité lucrative.

A l’instar des capitaines de navire et bientôt des Compagnies de navigation elles mêmes, les négociants avançaient le prix du passage moyennant une obligation de travail transférable à un tiers, habitant à Montevideo, et contribuant ainsi à établir une relation de servitude pouvant s'étendre sur plusieurs années.

Cependant la nécessité d’intermédiaires plus spécialisés se dessine très rapidement. Les anciennes agences, qui jusqu’à l’abolition de l’Esclavage s’étaient livrées à la traite des noirs, connaissent alors un fort regain d'activité. Agents recruteurs de main d'oeuvre à "exporter" pour le compte d'un employeur, elles ont tout d'abord exercé leur activité en Alsace et Allemagne et en Suisse. Cependant, compte tenu des immenses besoins à couvrir, de nouvelles agences vont se créer et orienter leurs activités sur les Pyrénées.

Principales Agences

a) La première agence à s’installer dans les Basse Pyrénées apparaît à Bayonne en 1832.

Il s’agissait de l'agence Bellemare, représentante en France de la maison anglaise "Lafone & Wilson" de Montevideo, mandatée par le gouvernement de la République Oriental de l’Uruguay pour recruter et acheminer un premier convoi de 400 pyrénéens à destination de ce pays.

A partir de là, et jusqu’à la fin du 19éme siècle, où elles avaient partie liée avec les compagnies maritimes, les agences d’immigration vont connaître un essor considérable. L'origine sociale de ces entrepreneurs était des plus diverses: Propriétaires terriens (LAPLACE à Navarrenx) anciens capitaines de navires, militaires en retraites, repésentants de gouvernements étarngers ou d'entreirses de colonisation, directeurs de cies Maritmes, etc... avec comme caractéristique commune la necessité de connaître le pays d'acceuil et d'y disposer effectivement d'un sérieux réseau de relations. Entre 1856 et 1894, le département des BP compte 2 Agences à Bayonne : LISSALDE (remplacè par Doyambére) et NOVION) mais également 6 autres bien réparties géographiquement sur l'intérieur du département: Apheça à Saint Palais, Biot-Laborde à Ogenne, Caillabet à Oloron, Apesteguy et Etchebarne à Uart-Cize, Vigné à Tardets et enfin Laplace à Navarrenx.

Sous agents:En 1859,la maison Apesteguy de Bayonne disposait de 11 sous-agents, et la maison Echebarne d'Uart-Cize en comptait 2
Le nombre de sous-agents munis de procurations régulières va très rapidement continuer à se développer (25 sous-agents en 1861 pour les 2 agences précitées dans les BP) en même temps que celui des départs.

Affichage BROUGNES b) Pour le département des Hautes Pyrénées une seule l'agence.
Celle créée par le Docteur BROUGNES en 1854 à CAIXON (3kms de Vic Bigorre). pour lui permettre de tenter d'honorer un contrat de colonisation agricole qu'il avait obtenu du Général URQUIZA à l'issue d'un voyage de 3 ans dans le Rio de la Punlata. (Voir Annexe Colonies de peuplement entre ríos Paraná et Río Uruguay)

Brougne occupe une place trés particuliére dans la mémoire collective de la Bigorre. Paradoxalment plus connu par le succés de son ouvrage "De l'extinction du paupérisme agricole par les colonies de peuplement dans les provinces argentines" ( 3 rééditions et plus de 10.000 exemplaires) que par le fiasco de son entreprise il a trés largementcontribué au développement de l'émigration Bigourdane vers les pays du pays du Rio de la Plata jusqu'en 1914.
c) Au niveau national, on dénombre un minimum de 105 agences ayant exercé cette activité sur le territoire français entre 1856 et 1894. En dehors de Paris, où l'on en compte 14, on les trouve dans les ports: Le Havre 27,Bordeaux 22, Marseille 15,Bayonne 2, etc
Aux démarchages opérés par les agences pyrénéennes il faut en effet ajouter celui des agences de bordelaises (8 en 1860) et des compagnies de navigation.
Jusqu'en 1914, celles-ci continueront à faire une propagande active dans toutes les BP par l'intermédiaire de leur propre réseau d'agents rabatteurs: Marchands de tissus et d'articles de voyage, merciers, prêteurs sur gage, cafetiers et aubergistes. Cependant, en raison de leur complémentarités,les agences à l'émigration vont continuer à se développer à Bordeaux où elles avaient parties liées: L'Agence Eugène DEPAS de très mauvaise réputation
Victor DEPAS, ou l'agence britannique "DAVIES".
L'agence COLSON, de très bonne réputation, engagée par les "Messageries Maritimes" et les "Chargeurs Réunis" pour le recrutement vers la Plata.Colson à Bx
L'agence Henri BORDES, plus spécialisée sur le CHILI, ouverte à Bordeaux en 1881.

Aux démarchages opérés par les agences pyrénéennes il faut en effet ajouter celui des agences de bordelaises (8 en 1860) et des compagnies de navigation.
Jusqu'en 1914, celles-ci continueront à faire une propagande active dans toutes les BP par l'intermédiaire de leur propre réseau d'agents rabatteurs: Marchands de tissus et d'articles de voyage, merciers, prêteurs sur gage, cafetiers et aubergistes. Cependant, en raison de leur complémentarités,les agences à l'émigration vont continuer à se développer à Bordeaux où elles avaient parties liées:

Modalités de Fonctionnement

En France, en liaison avec les autorités consulaires et les armateurs desservant la Plata, les agences entretenaient en Pays Basque , en Béarn et en Bigorre, propres réseaux d'agents et sous agents recruteurs, assurant ainsi une prospection systématique auprès des maires ou au cours des divers événements de la vie villageoise ( foires, cafés, sorties de la messe, enterrements , etc...). Elles assuraient les réservations des passages, et selon le cas le règlement et aidaient les candidats émigrants dans la préparation et la réalisation de leurs formalités d’embarquement.

Sur place, dans les ports de débarquement en Uruguay et Argentine, les agences d'émigration servaient d'intermédiaires auprès des autorités du pays ou avec d'autres entreprises d'immigration comme la firme "Fisher & Lafone" de Montevideo. Ainsi, Auguste BROUGNES, avait signé le gouvernement argentin une convention pour la colonisation agricole de la région de Corrientes: 200 familles pendant 10 ans, chacune recevant 20 cuadras (33 hectares). Il recrutait surtout en Aquitaine. Beaucoup s'embarquaient à Bordeaux comme en témoignent les listes d'embarquement de ce port à destination de "Corrientes" (HP:43% - BP: 15% - HG:18.5% - Gers 5% - Gde:4% - Ariège:2%).

Les agences percevaient une commission "à la pièce" :
* 30 francs pour chaque émigrant qui payait son passage
* 20 francs pour celui qui devait rembourser le voyage par son travail
La prime était doublée quand, atteignant l'âge du recrutement, le jeune basque, béarnais ou bigourdan il devait partir en "contrebande".

L'agent d'émigration, muni de son autorisation officielle et régulièrement cautionné, passait avec l'émigrant un contrat de transport, en bonne et due forme, souvent rédigé par un notaire:
Par devant M°........... ,Notaire à......... ont comparu
le Sieur X , agent d'émigration à.........
Le Sieur Y et la dame Z, son épouse,
Agissant au nom, et se portant solidairement forts, de leur fils mineur le Sieur XX, sans profession et demeurant avec eux,
Lesquels ont arrêté ce qui suit: Mr X s'engage à faire transporter le Sieur YY fils à Buenos Aires sur un paquebot des Messageries Impériales qui partira de Bordeaux le.....
L'émigrant recevra à bord, où il occupera une place de 3éme Classe; des vivres en quantité suffisante et en plus tous les soins convenables tant en santé qu'en maladie.
Le prix dudit passage est fixé à 350 francs que les époux Y s'obligent solidairement à payer pour le compte de leur fils dans six mois sans intérêt, mais avec intérêt au taux légal par la suite......

Si l'émigrant était trop pauvre pour acquitter le montant du passage, le contrat revêtait une forme spéciale. Outre les clauses normales du transport, il spécifiait que l'émigrant arrivé au lieu de destination devait payer du fruit de son travail le prix du passage (250, 300 ou 400 francs ) qui en principe devait être remboursé dans les 6mois. Ce n'était pas en général pour le compte de l'armateur que ce travail était effectué, mais pour le celui d'un employeur américain auquel l'armateur cédait ses droits, à titre onéreux, après remise du contrat signé par l'émigrant impécunieux.

Dans presque tous les cas, le financement du voyage était le problème majeur.

Celui qui possédait encore une parcelle au pays pouvait la vendre à l’armateur ou l’hypothéquer en sa faveur. D’autres obtenaient leur passage avec la garantie d'un ami ou celle d'un membre de la famille resté au pays natal et qui s'engageait, à échéances convenues, à régler la dette auprès d'un représentant de l'armateur désigné à cet effet.

Les plus chanceux partaient avec l’aide d’un parent ou d’un ami arrivé avant lui et qu’ils allaient rejoindre. Celui ci a pu souvent lui avancer la totalité ou une partie de l'argent nécessaire et ainsi qu’un hébergement et un premier travail à l’arrivée. D’autres enfin, s’en vont avec le pécule nécessaire, constitué par leur travail , par la vente d'un bien ou une dotation familiale. Cela pouvait être le cas pour certains cadets de famille - parfois assez fortunées pour avoir pu leur faire apprendre un métier d'artisan.

Propagande des Agences d’Immigration:

Les agents parcouraient les marchés et les foires, fréquentant les auberges et cafés.
Les recruteurs insistaient sur les salaires élevés pratiqués dans le nouveau monde, n'hésitant pas à montrer des lettes d'émigrants plus ou moins authentiques. Le retour au pays natal des "Américains" , c’est à dire ceux qui avaient réussi, était encore leur meilleur argument et la confirmation éclatante de leurs dires. Dans des affiches annonçant les navire en partance, Montevideo était présentée comme une terre promise afin d'inciter de campagnards et artisans à passer les mers...
Plus de 2000 pyrénéens se sont laissés prendre à cet appât trompeur. Non seulement des jeunes gens, mais encore des femmes et des hommes d'âge mûr inciter à tout quitter en réalisant leurs modestes ressources.....

La presse mêlait sa voix à ce concert entraînant: "nous avons maintenant sur les bords de la Plata une population de prés de possède plus 15000 français... le capital acquis par cette population dépasse 30 millions de francs... elle de 390.000 têtes de bétail....."
Tantôt les journaux faisaient de la publicité pour les navires de transport : "Une lettre de Buenos Aires annonce l'arrivée a Montevideo du trois-mâts l'Helvellyns, la première expédition de passagers basques partis sous l'inspiration de M.A.C Bellemare, le 22 septembre 1836 après une traversée de 61 jours "..
. Tantôt on pouvait lire des lettres d'émigrants enthousiaste: " Le pays est très sain, on y aime beaucoup les Français, les habitants sont très bons. Je viens de trouver un bon travail... les femmes qui étaient à bord ont été employées aussitôt leur arrivée, il y a beaucoup de maisons riches qui en demandent... "

Cette publicité développée par les agences et les compagnies maritimes et leur de propagande, orales ou écrites, vont finir par émouvoir les pouvoirs publics.

Réglementation de l'émigration:

A partir de 1855, devant la multiplication des abus commis- et notamment les récentes mésaventures de la "Nouvelle Bordeaux" au Paraguay et de BROUGNES dans le nord de la province de Corrientes en Argentine _ ) par beaucoup d'agents d'émigtation et de compagnies maritimes, le gouvernement français instaurera plusieurs mesures de contrôle. En effet, certaines d'entre elles, soucieuses de leur seul intérêt, n'hésitaient pas à recruter à la sortie des prisons,

En 1855 ce sera la création des Services de l'émigration chargés du contrôle des visas des émigrants et de l'établissement de Statistiques destinées au Ministère de l'Intérieur. Ce sera également la création de commissaire à l'émigration dans les principaux ports d'embarquement, à savoir: Le Havre , Bordeaux ,Marseille et Bayonne et La Rochelle. En 1860, ce sera la réglementation de l'activité" d'entreprendre les opérations de recrutement et de transport des émigrants. .0
Est considéré comme émigrant "Tout passager qui n'est pas nourri à la table du capitaine et qui paie pour le prix de son voyage, nourriture comprise, une somme de moins de 40 francs par semaine sur les navires à voiles et moins de 80 francs sur les navires à vapeur " (Décret du 09.03.1861)

Seront également réglementées les conditions matérielles d'installation à bord des navires (nombre de passagers, nourriture, soins médicaux).

Enfin, la mise sous contrôle par l'état des Agences à l'émigration, désormais obligées de déposer les listes d'émigrants auprès du ministère de l'Intérieur avec la double obligation, du visa du contrat d'émigration. et du versement d'un cautionnement.

A signaler enfin, le rôle des préfets des BP et HP et les avis qu'ils seront amenés à passer dans la presse pour la mise en garde des candidats à l'émigration.

44) Autres causes régionales :

La nécessité économique, l’esprit d’aventure, l'exemple de la réussite des "Américains", et la propagande des agences à l’émigration sont, avec le refus du service militaire et la survivance du "droit d'aînesse", les causes les plus fréquemment citées pour justifier l'émigrations des pyrénéens au 19éme siècle.

Ces seuls facteurs économiques sociologiques et culturels, communs aux basques, aux béarnais et Bigourdans ne sont cependant pas suffisants pour justifier, à eux seuls les départs pyrénéens et le choix du Rio de la Plata comme terre d'immigration.

Trois causes régionales complémentaires peuvent être avancées:

En premier lieu, la position géographique des Basses Pyrénées et son ouverture sur l'océan Atlantique, avec les facilités d'embarquement correspondantes, tant à Bayonne que dans autres ports de la côte française et espagnole. A ce propos, on observe le même phénomène aux 17 et 18émes siècles, avec l'influence des implantations portuaires de La Rochelle, Nantes ou St Malo régionales sur l'origine géographique des premiers émigrants français dans le Rio de la Plata : Provençaux, Rochelais, Nantais ou Malouins...

La deuxième raison,ethnique et culturelle, s’applique directement aux seuls basques. Elle permet d’expliquer pourquoi, vers 1825, ils avaient été les premiers arrivants Franco-Pyrénéens dans le Rio de la Plata. Elle se fonde sur la dominante basque du peuplement espagnol du Rio de la Plata. pendant toute la période coloniale. L'antériorité de ce peuplement basque espagnol, avec la perspective de retrouver sur place une communauté ethnique, catholique fervente, parlant une même langue et partageant les mêmes coutumes, a en effet largement contribué au peuplement, par les Basques français, de l'Argentine, de l'Uruguay et du Chili à partir de 1825.

La troisième enfin, est d’origine confessionnelle.

Jusque vers 1850, le clergé basque et béarnais avait mené une vive campagne contre l'émigration en Amérique Latine. Il y voyait en effet, avec un certain agacement, le moyen pour une partie de la jeunesse du département, de se soustraire à leur influence par l'expatriation et une amplification du phénomène par les retours de riches «Américains» qui avaient perdu l'habitude des contraintes religieuses et fort de leur expérience et de leur succès outre atlantique, faisaient souvent figure d'opposants.

Devant l'impossibilité de mettre obstacle à ce courant d'émigration l'ordre des frères de Betharam décida, sur demande de l'archevêque de Buenos Aires, d'installer un premier établissement à La Plata. Les premiers pères partirent de Bayonne en 1856 sur le voilier «l'Etincelle» qui mit deux long mois à les mener à Buenos Aires. En 1867, les révérends pères de Montevideo construisaient l'église des «Basques» et l'école du même nom dont l'influence est restée prépondérante, encore aujourd’hui, dans toute la région . Et c'est ainsi que le clergé, ne mettait plus d'obstacle à une émigration qu'il continuait à contrôle, et facilitait le mouvement, dans la mesure où les Basques et Béarnais pratiquants, étaient assurés de pouvoir trouver sur place, un clergé auquel ils restaient très profondément attachés.