Chapitre 2
Contexte Historique

Premiers arrivantsLe temps des Français Retours sur Buenos Aires (1852)
Guerra Grande de 1832 à 1843 La Guerre de la Triple Alliance (1865-1870)
Siége de Montevideo (1843-1851)

1) Premiers arrivants

Les premières arrivées françaises dans le Rio de la Plata se situent après 1816, avec le commencement des guerres pour l'INDEPENDANCE.
A cette époque, les Français jouissaient encore d’un préjugé extrêmement favorable sur tout le continent. La révolution française, et son prolongement - le 1er Empire - sont en effet à l'origine de l'émancipation de cette partie du nouveau monde. (1808: Invasion de la péninsule Ibérique parles troupes de NAPOLEON et installation de Joseph Bonaparte sur le trône d’Espagne).

Ces précurseurs sont pour la plus part des demi-soldes, parfois de hauts rangs, désireux de reprendre du service de l'autre côté de l’Atlantique. L'un des plus connu, le nom d'une rue de Montevideo en témoigne encore aujourd'hui, est sans doute le colonel Frédéric BRANDZEN qui mort en 1827, en menant la charge de cavalerie de l'armée Orientale contre les troupes impériales Brésiliennes (victoire d’ITUZAINGO, à l'origine de l'Indépendance de la République Orientale de l’Uruguay).

Ces dispositions et les violences xénophobes à l’encontre des ressortissants français, devaient complètement stopper les nouvelles arrivées européennes par Buenos Aires, ,mais également provoquer, le reflux sur Montevideo, de la grande majorité des français et étrangers déjà installés dans la capitale argentine.
Par réaction contre le nouveau Dictateur, elles devaient également engendrer le soutien français accordé au gouvernement Colorado de l’Uruguay et la mise en place du premier blocus du port de Buenos Aires par l’escadre navale française (Mars 1838 à octobre1840), empêchant désormais toutes les entrées d'émigrants dans Buenos Aires.

2) Le temps des Français : La Guerra Grande

La période (1839-1852) est connue dans le rio de la Plata sous le nom de« Guerra Grande ». Elle constitue la grande époque de l’émigration française en Uruguay . En effet, les arrivées françaises à Montevideo ont constitué, jusqu’en 1843, un véritable « raz de marée » . La « Guerra grande » a été marquée par plusieurs interventions des flottes françaises et britanniques. Les combats se sont déroulés sur les deux rives de l’estuaire et se sont terminés par une ruine économique, dont l’Uruguay a mis presque 10 ans à se relever.

Le conflit avait débuté comme une guerre civile entre deux caudillos et leurs partisans respectifs, les Blancos et les Colorados.

  • Egalement marquée par la personnalité de Rosas, la « Guerra grande » a été aussi un combat idéologique entre deux tendances diamétralement opposées, identiquement actives sur les deux rives du Río de la Plata.

    21 - Idéologies en présence

    La guerre fut sanglante et décima les populations Guaranis. Celles-ci mirent de longues années pour se relever des massacres. Solano LOPEZ mourut au combat en 1870.
    Le conflit aura eu cependant, des conséquences trés favorables pour le développement économique et démographique de l’Uruguay amplifiées par plusieurs facteurs favorables:
    • La ROU connaît une longue période de stabilité et de paix interne ( disparition du "Caudillisme" et remplacement par un régime de partis démocratiques ).
    • Le marché international et les prix occidentaux se révèlent favorables aux Cuirs et laines.
    • La récente implantation du mouton dans les estancias commence à générer un nouveau courant d'exportation : la laine et les peaux de mouton venant s'ajouter à celle des produits traditionnellement fournis par les bovins: Cuirs, suif, viande séchée et corne.
    • Un fort abaissement du coûts des transports maritimes avec l'Europe (passagers et marchandises ) du à l'amélioration des voiliers et aux progrès de la navigation transocéanique à vapeur.
      • En 1852 les britanniques avaient créè la première ligne régulière de navigation LONDRES/MONTEVIDEO.
      • Pour ne pas demeurer en reste, les français suivront en 1860, avec la mise en service de la ligne des"Messageries Impériales" sur Bordeaux, le Havre, Marseille, et Londres
      • En 1862 avec la création de la Cie Générale Transatlantique (82 voiliers, 8 vapeurs)

    C'est ainsi, que plus de 50.000 émigrants vont pouvoir entrer dans le pays entre 1860 et 1867 ( 17000 pour la seule année1867).
    Uruguay Montevideo
    186022100060.000
    1867271.000100.000

    De nouvelles mesures ont en effet été accordées par le gouvernement Uruguayen pour relancer le peuplement du pays. Mesures de propagande en Europe, par ses agents consulaires, mais aussi mesures prévoyant aides et privilèges pour les artisans et agriculteur tentés par l'aventure

    La capitale de l’Uruguay reste toujours une ville d'étrangers:

    • On les retrouve surtout des italiens dans le commerce, la construction civile, les activités portuaires, la navigation et le cabotage.
    • La demande est particulièrement forte dans les secteurs de la construction où l'on trouve beaucoup d'espagnols.
    • Quant aux français, sans vouloir prétendre à la premiére place comme avant 1850, ils restent encore trés nombreux. Comme précédemment, ce sont toujours essentiellement des pyrénéens. Les nouveaux arrivants sont surtout des agriculteurs, des éleveurs ou des artisans.
      • Quelques basques Basques, resteront aux alentours de Montevideo comme laitiers ("tambo") ou fromagers, mais la pluspart iront à l'intérieur du pays comme éleveur, d'abord le compte d'un propriétaire d'estancia puis souvent, ensuite à leur propre compte.
      • Les Béarnais et les Bigourdans se dirigent plutôt vers l'artisanat, le commerce ou la petite industrie surtout les plus fortunés. Ils resteront principalement à Montevideo ou ils s'installeront dans les localités de l'intérieur.