FAQ :Emigration Franco-Pyrnéenne en Uruguay (1825-1875) Pourquoi les Français à destination de l'argentine étaient-ils obligés de débarquer en Uruguay entre 1820 et 1830 ?
Sous la restauration française, et jusqu'à la Monarchie de Juillet, les ressortissants français (en majorité pyrénéens) ne pouvaient se rendre directement en Argentine. Ils devaient obligatoirement d'abord transiter par Montevideo, (beaucoup arrêtaient là leur voyage.... )..

En effet, par solidarité familiale avec les Bourbons d'Espagne, les Bourbons de France s'étaient toujours opposés à reconnaître l' Indépendance argentine, proclamée en 1810...

Cette légitimité ne sera acceptée par la France, qu'en 1830, avec l'avènement de la Monarchie de Juillet.Cependant, il sera trop tard pour stopper le mouvement xénophobe et anti-français né entre temps à Buenos Aires.

En 1835, ce courant nationaliste sera largement exploité par ROSAS et ses partisans s'emparer, avec le soutien britannique, de la la présidence de la confédération Argentine en 1835.

Pour quelles raisons Montevideo pouvait-elle être considérée comme une véritable capitale européenne, majoritairement française, entre 1837 et 1843 ?
Les mesures discriminatoires prises par Rosas à l'encontre de la France et des européens non britanniques, à partir de 1835 et la multiplication des violences nationalistes avaient conduit au soutien du Gouvernement Français en faveur du général Rivera en Uruguay et en Mars 1838, à l'ouverture ( 1er blocus (1838-1840). par la flotte française.
Désormais toutes les entrées de nouveaux émigrants européens étaient désormais interdites dans la capitale argentine. Bien plus, les français déjà résidants à Buenos Aires n'avaient pas attendu l'ouverture de ce premier blocus pour refluer sur Montevideo. Les autres européens avaient fait de même.....

Au plan démographique cela avait provoqué un brusque accroissement de la population européenne de Montevideo.
En 1843, une premier recensement officiel effectué à Montevideo faisait ressortir our la capitale assiégée,un total de 31000 habitants comprenant 11000 uruguayens et 20000 étrangers, dont 50%, de français trés majoritairement pyrénéens. A cette même époque, Buenos Aires comptait environ 60.000 habitants .

Comment expliquer l'augmentation du nombre des départs Bigourdans pour le rio de la Plata aprés 1852 ?
1er facteur: Que ce soit en Bearn au Pays Basque ou en Bigorre, le retour à la paix en Argentine et en Uruguay (fin du siége de Montevideo) avait entraîné une trés forte demande de main d'oeuvre pour permettre la mise en valeur du territoire.

2éme facteur : En Bigorre,la création en 1854 de la premiére agence pyrénéenne fondée à Caixon (3 kms de Vic Bigorre) par Auguste BROUGNES et l'impact de son livre "De l'extinction du paupérisme par la colonisation des pays de la Plata" (10000 exemplaires et 3 réèditions ) vont avoir des effets considérables dabord sur tout le département des HP, puis trés vite étendus à l'ensembre des actuelles régions MIDI-PYRENNES et AQUITAINE.

Une étude statistique réalisée par Pierre MANGIN (Notes sur l'émigration Bigourdane sous le second empire ) confirme cette augmentation dans les HP qu'elle situe principalement dans la zone des coteaux et la plaine de Tarbes.
Par ailleurs, les communes indiquées par de nombreux interlocuteurs argentins ou uruguayens, en quête de leur racine familiales coincident souvent avec la zone de recrutement initialment prospectée par l'agence Brougnes (Nouailhan, Artagnan, Tostat, Castera-Lou, Oléac-Debat, etc...

Le mouvement régional, ainsi amorcé par BROUGNES, a ensuite continué à se développer jusqu'en 1914 avec l'apparition d'une émigration de deuxiéme génération, cette fois suscitée par les premiers arrivants et fondée sur une forte solidarité familiale ou villageoise.